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Burkina Faso : l’homosexualité devient illégale et passible de prison

Par Ibrahime StevePublié le •Société•0 vues
Burkina Faso : l’homosexualité devient illégale et passible de prison
3 min de lecture

Le 2 septembre 2025, le parlement de transition du Burkina Faso, dominé par la junte militaire, a adopté à l’unanimité une loi criminalisant explicitement l’homosexualité. Cette réforme du Code de la famille instaure des peines d’emprisonnement de 2 à 5 ans, accompagnées d’amendes pour toute personne coupable d’« actes homosexuels »

Le ministère de la Justice, par la voix d’Edasso Rodrigue Bayala, a qualifié ces pratiques de « comportements bizarres » et affirmé qu’elles ne seraient plus tolérées, en justifiant cette législation comme une défense des valeurs traditionnelles burkinabè.

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Contexte politique : un régime militarisé qui durcit ses lois

Après deux coups d’État en 2022, le Burkina Faso est gouverné par une junte dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré. En juillet 2024, un projet de loi visant à criminaliser l’homosexualité avait déjà été approuvé par le Conseil des ministres, avant d’être soumis au Parlement. equaldex.com+1AP News+

Cette nouvelle loi s’inscrit dans une série de mesures restrictives mises en œuvre par le régime, incluant des atteintes aux libertés de presse, à la société civile et à la liberté d’expression

Une rupture majeure dans les droits LGBT au Burkina Faso

  • Avant cette réforme, l’homosexualité n’était pas criminalisée au Burkina Faso, même si elle n’était pas expressément protégée

  • Depuis le 1er septembre 2025, elle est formellement illégale, assortie de sanctions pénales.

Réactions et inquiétudes internationales

Cette loi a suscité de vives préoccupations de la part des ONG et partenaires internationaux, notamment sur son impact sur les droits fondamentaux.

Un témoignage relayé par El País évoque l’angoisse de la communauté LGBTQ+ burkinabè déjà en situation de clandestinité, qui se sent désormais menacée de disparition légale.

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Comparaison régionale

Pays Statut légal Peines maximales
Burkina Faso Nouvellement illégal (2025) 2–5 ans de prison + amendes
Mali Illégal depuis fin 2024 2–7 ans de prison
Sénégal / Ghana / Uganda Illégal Jusqu’à 5 ans ou plus

Enjeux démocratiques et sociétaux

  • Instrumentalisation politique : cette loi permet à la junte de renforcer son ancrage conservateur, mobiliser une base traditionaliste et détourner l’attention des crises sécuritaires.

  • Marginalisation sociale accrue : les personnes LGBTQ+ risquent davantage d’exclusion, de violence, de chantage ou d’exil forcé.

  • Risques sur la scène internationale : cette mesure risque d’isoler diplomatiquement le pays et d’impacter ses relations avec les partenaires occidentaux.

Ce qui reste à suivre

  • L’application de cette loi : condamnations, procédures judiciaires, exécutions des peines.

  • La résistance locale, notamment par des associations (clandestines), des relais religieux ou des personnalités influentes.

  • Les réactions de la communauté internationale, incluant la CEDEAO, l’UE ou l’ONU.

  • Une éventuelle réforme législative dans le cas d’un retour à un pouvoir civil.

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